l 'economiste
La passivité des forces de l’ordre amplifie la virulence
La maison du gouverneur, celle du maire et la wilaya prises pour cibles
Appel aux forces de l’ordre pour sécuriser les habitations et le siège de la province
A l’intérieur du quartier administratif, la psychose règne. Les autorités ont fait appel aux forces de l’ordre pour sécuriser leurs habitations ainsi que le siège de leur province
Les habitants de Taza ne décolèrent toujours pas. Il ne se passe plus un jour sans qu’ils ne sortent dans les rues pour protester contre la marginalisation, la pauvreté et la cherté de la vie. Leur mouvement qui rassemble entre 100 et 400 personnes reste minoritaire si l’on sait que la ville compte quelque 300.000 âmes et plus de 9.000 étudiants. Selon bon nombre de Tazis, «ces mouvements de colère sont devenus monnaie courante depuis le «20 février 2011». Toutefois, la date du 4 janvier restera certainement dans les annales de l’ancienne forteresse (www.leconomiste.com). Depuis ce jour, la cadence des protestations est montée d’un cran. La virulence des protestataires aussi. «Normal», répondent des observateurs pour qui «les forces de l’ordre montrent une grande passivité. Une passivité qui ne peut aboutir qu’à la prolifération d’actes non-réfléchis, voire même barbares (siba). En témoignent d’ailleurs les récentes attaques contre le quartier résidentiel administratif.
Lundi dernier, soit près de deux semaines après la révolte du quartier El Koucha, des individus ont pris pour cible la maison d’Abdelghani Sebbar, le gouverneur de Taza. Et pour cause, une panne d’électricité! Sic. En fait, après les intempéries de ce 16 janvier, une partie de la ville a sombré dans le noir pendant quelques heures. Une coupure d’électricité qui allait être localisée et rétablie le soir, peu après 21 heures. C’est à cette heure-ci qu’un groupe de mécontents (une centaine environ), mobilisés par des mouvements radicaux (Al Adl Wa El Ihssane et Kaiddine), s’est dirigé vers le quartier administratif, y compris la résidence du premier responsable de la province. Ici, les attaques ont duré plus de 25 minutes…l’on a jeté des pierres, raconte un responsable local. Et de poursuivre: «Apeurés, les fonctionnaires de l’administration territoriale qui ont pris leur mal en patience ne se sentent plus en sécurité. Leurs enfants aussi». Le lendemain, les dégâts matériels étaient très visibles. A commencer par la porte principale de la villa du gouverneur qui a été endommagée. Le poste de l’élément des forces auxiliaires, mitoyen, n’y échappera pas. Il a été totalement détruit. A l’intérieur du quartier administratif, la psychose règne. «A tel point que mêmes nos enfants n’ont pas voulu partir à l’école le matin», affirme un responsable administratif. Située de l’autre côté de la ville, la maison du président du conseil communal de Taza, Hamid Kouskous, n’a pas été épargnée non plus. Ici, des témoins parlent plutôt d’un tas d’ordures mis «minutieusement» devant l’accès principal de la résidence du maire.
En tout cas, plusieurs acteurs associatifs ont dénoncé ces actes comme ils ont appelé à la fermeté dans le traitement des insurgés. Pour leur part, les autorités de la province ont fait appel aux forces de l’ordre pour sécuriser leurs habitations aussi bien que le siège de leur province. Ceci, par crainte de voir d’autres actes de ce genre se reproduire. Des actes qu’aucun ne peut justifier. D’autant plus que «la ville connaît de grands chantiers de réforme. Elle suit son train de développement comme le reste des villes du Royaume», explique un haut responsable de l’autorité locale. Et d’ajouter qu’«environ 172 diplômés chômeurs vont être intégrés dans le secteur public, mais devront tous franchir l’examen d’embauche». Un examen que bon nombre de ces diplômés conteste.
S’agissant du volet social, la province est dotée d’un plan de lutte contre l’exclusion en milieux urbain et rural de la province au titre de la deuxième phase 2011-2015 de l’INDH. «Ce plan a été retenu sur la base des critères requis relatifs notamment au volume de la population cible, au taux de chômage, aux besoins nécessaires en infrastructures et services publics et leur complémentarité avec les programmes de développement local», est-il indiqué.
El Koucha intègre le circuit de développement
Au niveau de la municipalité de Taza, l’on a décidé l’addition de 3 nouveaux secteurs urbains sous équipés au secteur du Parc Afourage déjà bénéficiaire de la première phase 2005-2010 de l’INDH. Les secteurs urbains ciblés sont: le secteur du Parc Afourage comprenant les quartiers Chlouh, Al Massira 1, Al Malha, Douar Jdid, Hay Nahda, Maimouna, Al Majazir, Hay Chouhada, et l’ensemble Asdour 1 et 2. Le secteur de Taza-Médina comprend l’ancienne médina et Al Koucha, le secteur Al Hajra comportant les quartiers Saada, Al Hajra 1 et 2, Laababess, et Hay Al Hassani, le secteur Bayt Ghoulam-Rbayez englobant les quartiers Sadr, Rbayez, Sid Al Mahjoub, Kasbat Bayt Ghoulam, Al Gaada et Feddane Ben Souad. Enfin, les habitants du quartier El Koucha espèrent que les opérations de mise à niveau soient réalisées dans les plus brefs délais.
DNES à Taza, Youness SAAD ALAMI




