Des têtes vont tomber au Maroc

ajialpress19 يونيو 2012
Des têtes vont tomber au Maroc

le parisien

Après leur discret sit-in de protestation devant l’ambassade du Maroc à Paris, le 14 mai 2012, voilà que les enseignants marocains de la langue et culture d’origine en Europe décident de revenir à la charge, le 27 juin 2012, avec fanfare et orphéon, cette fois-ci. Désabusés par les élites politiques et diplomatiques marocaines, ils ont choisi de sortir de la réserve qu’ils se sont imposés pour énergiquement faire valoir des droits qu’ils jugent inaliénables.
Face au mutisme opposé à leur demande d’application de la loi et de la réglementation en vigueur pour les fonctionnaires marocains en poste à l’étranger dont notamment les couvertures sociale et médicale obligatoires sur le lieu du travail et les indemnités de séjour dont bénéficient tous les autres fonctionnaires marocains dans la même situation de travail, ces enseignants trouvent qu’ils n’ont d’autre choix que de procéder de la sorte.
Désormais, ils feront appel à la société civile, aux syndicats et aux médias marocains, français et européens pour faire pression sur la fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger, partie mandataire de leur dossier, ainsi que sur les institutions marocaines pour s’être, si complètement et si facilement, dessaisies de leurs droits et prérogatives sur le dossier « Enseignement de la langue et culture d’origine », au profit d’une fondation non soumise au contrôle de l’état sur les deniers publics.
En interpelant tout le monde sans distinction, les enseignants marocains en poste en Europe aspirent à mettre chaque partie devant ses responsabilités politiques et administratives. Ils veulent également éviter toute manœuvre de nature à conférer au dossier une tournure autre qu’administrative ou à le rendre multidimensionnel afin d’aisément le diluer dans des considérations politico-politiciennes. Ils ne supportent plus ces fuites en avant et ces dérobades hypocrites où chaque antagoniste essaie de refouler le dossier à l’autre sous prétexte de non compétence.
En manifestant devant l’ambassade du royaume à Paris, en compagnie de plusieurs soutiens et en étalant leurs griefs sur la place publique européenne en général et française en particulier, les enseignants visent à ouvertement défier les mentalités passéistes et rétrogrades, issues de l’époque des années de plomb, qui se sont, continuellement et systématiquement, appliquées à gâcher leur carrière administrative et professionnelle, pour finalement oser s’ériger, encore une fois, en principale entrave à toute tentative de réparation des dommages causés.
Et pour ce faire, ces enseignants se sont fédérés en groupe de pression, incluant toutes leurs composantes et sensibilités. Des années d’injustice et de privations ont fini par leur imposer l’absolue nécessité de se liguer afin de mieux faire face aux abus réglementaires et aux inégalités administratives imposés. Fervent défenseur des pratiques d’un autre temps et dernier bastion marocain contre l’application du nouveau principe constitutionnel, instituant la relation entre la responsabilité et la reddition des comptes, la fondation Hasan II pour les Marocains résidant à l’étranger persiste à systématiquement leur refuser ce que la législation leur a accordé.
Cependant, la stratégie du bélier, consistant à asséner des coups, publics et ininterrompus, à la torpeur politico-administrative, pourrait s’avérer payante pour ces enseignants. Elle pourrait acculer les institutions marocaines, et à leur tête le chef du gouvernement, à rouvrir leur dossier et à trancher sur une question récurrente, relevant tout de même de l’égalité des fonctionnaires devant la réglementation. Question de nature à entacher la crédibilité du pays si elle n’est pas résolue. Elle mettrait sérieusement en doute sa capacité à appliquer le droit et les principes de la constitution que les institutions marocaines se sont données tant de peine à concocter.
La solution des problèmes des enseignants passe par la mise hors d’état de nuire des responsables ayant conduit à la décadence du dossier de «L’enseignement de la langue et culture d’origine » et à la déchéance des enseignants marocains en Europe. Cela ne peut cependant se faire qu’en appliquant le droit, tout le droit et rien que le doit. Et si l’on procède de la sorte, des têtes vont sûrement tomber au Maroc…
 

 

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